Loin du style universitaire ou du ton hop la vie des néophytes heureux de recevoir des services de presse, les critiques de Lebel créent leur propre canon et ouvrent une brèche dans le mur au pied duquel le discours entourant la production poétique est tristement acculé.

                                                                     


L’ironie n’est pas juste toxique pour notre psychologie individuelle. Collectivement, aussi, c’est devenu un problème. Parce que oui, l’ironie est subversive. Oui, elle critique l’ordre établi. Mais elle n’engendrera jamais le progrès. Une fois son rôle de dévoilement terminé, si elle perdure, elle ne fait que transformer l’indignation en illusion de révolution. On a l’impression qu’elle nous libère, mais en réalité elle nous asservit d’autant plus puissamment.

                                                                     


Le but de l’entreprise est d’obtenir le meilleur retour sur investissement, c’est-à-dire d’obtenir le meilleur score chez les entreprises abordées pour la plus piètre performance de notre part. Les plus grands écarts seront gages d’un plus grand sabotage, exprimant que la médiocrité paie! «Profit!» crierait Wall Street. Toutefois, un certain standard doit être maintenu pour obtenir lesdits items : il s’agit alors d’un savant calcul basé sur la perspicacité, la persévérance et le laisser-aller je-m’en-foutisme propre à une entreprise aussi ingénue.

                                                                     


Cette visibilité accrue attire une foule de commentateurs plus ou moins qualifiés qui cherchent à faire entendre leur opinion sur la dernière parution en vogue, espérant ainsi que leur nom s’accroche à la popularité d’un livre comme un commensal sur un mammifère semi-consentant.

                                                                     


Je cours après un éléphant
Et Donald court après un éléphant
Et nous sommes brûlés par le soleil
Seulement moi
Je suis encore bien peignée

                                                                     





Les fondus en étoile et les titres clignotants ne sont pas appropriés.

                                                                     


Buvez tranquillement votre bière, observez et apprenez. Personne n'écoute, de toute façon (nous ne le dirons jamais assez).

                                                                     


La mer ne prend que ses amis Dans ses laines brunes À se rouiller les pouces

                                                                     


Pourquoi Téré Lebel écrit-elle dans le vide? Pourquoi, surtout, commente-t-elle exclusivement de la poésie québécoise?

                                                                     


Personne ne peut calmer notre fin Même la faucheuse est une femme Et c'est le plus interminable des génériques génériques Des états généraux

                                                                     



C'est encore l'éternité
Je sors

                                                                     


Vous êtes cordialement invité.e.s à une mondanité littéraire, en l'occurrence, un lancement. Acceptez ce modeste conseil d'étiquette : FAITES SIGNER L'AUTEUR.E AVANT SON DÉPART.

                                                                     


Vous êtes cordialement invité.e.s à une mondanité littéraire, en l'occurrence, une soirée de lectures. Acceptez ce modeste conseil d'étiquette : ASSUREZ-VOUS DE NE TRIMBALLER QUE L'ESSENTIEL.

                                                                     


Martine-Marthe Matte courut dans les escalators du métro et sortit de la station Mont-Royal toute essoufflée. Germaine Robidoux l'attendait au Port de tête depuis probablement un bon trois-quarts d'heure déjà.

                                                                     


Vous êtes cordialement invité.e.s à une mondanité littéraire, en l'occurrence un lancement. Acceptez ce modeste conseil d'étiquette, N'AGISSEZ PAS COMME UN.E INTRUS.E QUI S'INCRUSTE.

                                                                     


Pour découvrir si tu es plus féministe queer, féministe matérialiste radicale, masculiniste ou féministe libérale, c'est par ici!

                                                                     


Les Terribles, le micro-roman-fleuve autoréférentiel slicé de la Revue Boulette. Crédit image : Maude Arès, « Ma crevette ».

                                                                     


Chères, chers littéraires, Vous êtes cordialement invité.e.s à une mondanité littéraire, en l'occurrence, un congrès. Acceptez ce modeste conseil d'étiquette : LAVEZ-VOUS.

                                                                     


Mais là, nous autres, on est ben ben humbles pis ben ben reconnaissants. Ça fait que, à notre manière, on a décidé de rendre hommage à Doctorak, en retour. Œil pour Bataille, dent pour Dante.

                                                                     


Tu sais lecteur, c’est ce qui arrive quand tu sors d’un monde où c’était correct, non s’cuse, nécessaire de pelleter des nuages, de rêver toute la journée, de croire mordicus à une théorie peu probable mais que ça dérangeait pas parce que tu avais justifié ton idée pis que ça, en littérature, bin on appelle ça un essai, une analyse, un travail de création, whatev’! Un monde merveilleux, sincèrement, où tu peux affirmer qu’Harry Potter est à la fois un héros féminin et masculin et où ta prof se roule à terre tellement c’est littérairement jouissif comme théorie

                                                                     


écrire des poèmes jusqu’à 13h10
et pas s’apercevoir que la terre tourne

                                                                     


L'émerveillementent (les merveilles mentent) L'odeur du Pine-sol l'odeur du pollen fake l'odeur du Vim qui brûle l'odeur des guenilles mouillées l'odeur des mains de ma mère ses doigts rongés par la chimie des sols dans le sens de la chimie des planchers

                                                                     



Je veux parler du monde comme d’un amalgame chaotique au sein duquel chaque tension se fait à la fois confirmation de son état propre et origine d’un mouvement inverse.

                                                                     


Avant que ça éclate, que ça court dans tous les sens, que ça crie, que ça brûle il y a ce précaire équilibre du commun vécu et partagé par des milliers de personnes. Il y a l’enchevêtrement de diverses nuances qui, mises ensemble, portent sans fléchir la parole d’une multitude. Chacun.e apporte son histoire, ses convictions et ses luttes au temps circonscrit de la marche, et contribue aux complexes réseaux de pensées (articulées ou intuitives) qui fondent une collectivité.

                                                                     



Le gouvernement ne correspond donc qu’à une fraction des dynamiques politiques qui constituent une société, puisque c’est cette même société qui produit non seulement son propre pouvoir ministériel, mais également les régimes de pouvoir dans lesquels elle se place. Le pouvoir ne s’impose pas, on le concède. Il relève d’une responsabilité commune.

                                                                     



On m’a parlé d’un père qui déteste les voitures. Ce n’est pas tant le grognement des rues qui l’agace que les passages indifférents d’un point à l’autre. Les transitions pressées, les intervalles réduits, le temps comprimé.

                                                                     





« Boulette se précipite donc à la rescousse de son lectorat, pour que celui-ci puisse connaître l’hypocrite plaisir de faire flasher sa connaissance exhaustive des grands classiques dans la face de tous les Richard Martineau de ce monde. Et en plus, elle synthétise le tout en quatre leçons faciles, parce qu’elle sait que même si la lecture procrastino-bloguique assidue est souvent jouissive, c’est important de se garder du temps pour jouer à Sims Superstar ».

                                                                     


Et si s’enserrer et s’y lacer
Sans sous sur sis
Et si as is asile
Sans scie sitcoms cire

                                                                     







Paraphilie. De para; parallèle, à côté de, qui tourne autour. Et philie ; goût pour, amour, attraction.

                                                                     


Paraphilie. De para; parallèle, à côté de, qui tourne autour. Et philie ; goût pour, amour, attraction.

                                                                     







Tu dis qu’il faut pas trop s’coller
quand l’chauffage est à vingt-cinq

                                                                     



Et fait semblant de ne pas connaître
La liste des ingrédients

                                                                     


rentrer chez soi
chez quelqu'un d'autre
chez soi

                                                                     


Après avoir vaincu son ennemi juré, sauvé le monde de la sorcellerie et marié la plantureuse et flamboyante Ginny Weasley (lol), les exploits du jeune Harry ont abruptement cessé après la sortie du dernier film dont l'épouvantable épilogue pose le point final.

                                                                     


les pieds pleins
de bottes à caps
se traînent

                                                                     


Je suis devenue poussière de poivre noir disodique.

                                                                     



se trémoussent
se tavernent
se tuberculent

                                                                     


Tu te souviens encore du moment auquel tu as lu pour la première fois le mot «ethnocritique»? Tu choisissais tes cours pour ton ultime session de baccalauréat. Il te manquait un seul cours pour compléter ton profil. Tu as pris un risque.

                                                                     



Savais-tu, cher autre, que y’a plus que les vieux qui viennent au théâtre ? Que ça sent la mort dans les salles de spectacle ? Que les comédiens s’époumonent à rendre audibles leurs répliques qui peinent à atteindre les appareils auditifs en tout genre ?

                                                                     







entre les fardiers tremblent la route
et d’éternelles déclarations d’amour

                                                                     




Et une heure je suis descendu dans l'immobilité d'un boulevard trop pareil où des compagnies ont chanté la joie du travail à des employés qui finissent par y croire, sous le bitume épais, circulant, ou pas, sans pouvoir élucider les nombreux fantômes dans leur ventre où l'on a dû se retrouver sans envie.

                                                                     


La nouvelle, petite chose étrange et marginale vivant dans l’ombre de la prétendue « grande littérature », s’est pourtant ancrée avec aplomb dans le domaine de l’art littéraire.

                                                                     



Et j’avance ici, bien que je n’ignore pas toute l’étendue du potentiel polémique de cette affirmation, que le chapeau est à l’accessoire de mode ce que Roland Barthes est au monde.

                                                                     


Un profil Facebook agit comme l’extension du soi dans cet espace social virtuel que sont les Internetz.

                                                                     


N’ai pas pu faire un historique clair des événements sans y revenir
quand ai montré bêtement photos sur écran géant,
devant parents/amis/connaissances attablés/ennuyés/obligés.

                                                                     



Bruxelles à Amsterdam, un train plein à craquer
Filait comme le vent (c’était un TGV).

                                                                     



Vous aimez vous attacher aux personnages et vous en faire des amis. Comme vous êtes fascinée par l’échec et que les gens qui réussissent vous ennuient, vous êtes devenue depuis quelques années une amateure de films d’un genre particulier : le film de loser. Malheureusement, aucun festival ne répond à vos besoins de cinéphage (de toute façon, vous retrouver à proximité d’un cinéaste est une idée qui vous déplaît hautement).

                                                                     


«me semble que je l’ai déjà vu lui à tivi» «j’pense que c’est lui qui a écrit un livre» «ah ça doit pas être lui que j’ai vu d'abord»

                                                                     


J’avais fait l’épicerie Je l’ai crissée dans le canal Lachine Une femme pas gérable.

                                                                     


Boulette de viande, boulette suédoise, spaghetti aux boulettes, boulette de fruits, de légumes, de pâte, boulette sucrée, boulette enrobée, soupe aux boulettes, ragoût de boulettes, boulette chinoise, coréenne, haïtienne, allemande, chilienne, belge, roumaine…

                                                                     


Au cours du visionnement, le spectateur se pose de nombreuses questions quant à la source de l'étrangeté inhérente au film: est-elle due à la schizophrénie, à la psychose d'Henry et sommes-nous alors immergés dans sa subjectivité? vient-elle plutôt de Sam qui, au contact de son patient, commence à avoir des épisodes hallucinatoires, tout comme Beth Lévy, la première psychiatre d'Henry, qui a fait une dépression nerveuse en tentant de le traiter? fait-elle tout simplement partie de l'esthétique du film?

                                                                     


La détective littéraire Thursday Next est la seule à pouvoir protéger les grandes oeuvres classiques contre les assauts de l’infernal Achéron Hadèus, méchant suprême bâti sur les plus savoureux stéréotypes, qui cherche à prendre en otage les personnages ayant marqué l’histoire littéraire pour obtenir rançon.